Causerie sur l’histoire et la fabrication du savon le 22 février au Kafékifé animée par Stéphane Michaud, créateur de savons sous la marque Fun en Bulles.
Rapide histoire:
Le savon tel qu’il a été découvert il y a 6000 ans était un mélange de graisse animale et de cendres (saponification à froid, naturelle, longue). On trouve les preuves les plus anciennes de son utilisation en Mésopotamie.
Les Grecs et les Romains connaissaient le savon, mais préféraient se laver avec de l’huile d’olive et de l’argile.
Au Moyen-Âge, la salle de bain est inventée et l’usage du savon se démocratise.
Les villes portuaires deviennent des fabriques de savon. Exemples : Marseille, Bordeaux…
Pourquoi près de la mer ? Tout simplement parce que l’eau salée entre dans la nouvelle technique de fabrication de la soude pour faire de la saponification à chaud. Cette nouvelle technique produit un savon plus agressif pour la peau, sans glycérine, mais bien plus rapide à obtenir.
A la Renaissance, Catherine de Médicis fait la guerre à l’eau, qu’elle considère néfaste pour le corps. L’hygiène s’en ressent beaucoup. Les parfums se développent pour contrecarrer les odeurs.
Au 18ème siècle, on redécouvre les vertus de l’eau. L’hygiène s’améliore et la population augmente. La production de savon redémarre et augmente considérablement au 19ème siècle.
A la fin de la première guerre mondiale, l’armée fait des recherches pour utiliser les dérivés du pétrole. Le savon liquide apparaît, fait de 70% d’eau et d’agents tensio-actifs. Produit très polluant et moins sain pour le corps.
Après 39-45, les produits évoluent vite, les liquides avec des agents tensio -actifs se généralisent et dominent le marché. Parallèlement, les allergies et les maladies de peau augmentent.
Dans les années 90, la saponification à froid refait surface d’abord chez les anglo-saxons et depuis le marché du savon solide et saponifié à froid est en nette évolution, mais uniquement chez les artisans, car il est impossible d’industrialiser le procédé.
Les 3 Ingrédients d’un savon à froid.
– Corps gras (animal ou végétal)
– Soude (base forte PH 13 ou 14)
– Solution aqueuse (neutre PH 7)
Le mélange des 3 ingrédients, sans chauffage au dessus de 35 degrés, engendre une réaction chimique très lente (au moins 12 jours) : la saponification à froid
Cela produit du savon et de la glycérine qui n’est pas altérée par la chaleur. Ce procédé conserve la glycérine dans le savon ce qui le rend plus doux pour la peau.
Les vertus du savon issu de la saponification à froid.
Lors de la saponification, le début de la réaction est très rapide, puis le processus ralentit. Il faut entre 10 et 12 jours pour obtenir une saponification complète. C’est juste à la fin de la phase de réaction rapide que des d’huiles essentielles et des graisses plus coûteuses sont ajoutées au savon. Elles ne sont pas altérées par la chaleur et gardent toutes leurs qualités. Par exemple: l’huile de coco mousse, le beurre de karité cicatrise.
Une fois la saponification terminée, il faut 6 semaines de séchage pour que le savon soit assez solide pour être manipulé.
Le PH est contrôlé. Il doit être entre 9,5 et 10.
Le produit est un savon à froid. Il a de la glycérine en importante quantité. La glycérine protège notre peau et complète le sébum que notre corps produit naturellement pour imperméabiliser notre peau. Le savon surgras n’agresse pas notre barrière naturelle, mais la soutient.
Les savons liquides ont tendance au contraire à briser le fragile équilibre de la peau.
Nous oublions trop souvent que notre peau interagit avec l’atmosphère et doit retenir l’eau qui compose 70% de notre corps.
NB :
Chaque recette de savon est déposée sur un portail européen à destination des professions de santé.
